
Traverser une transition de vie : et si tu n'étais pas impuissante ?
Tu n'es pas impuissante. Même quand tout bascule.
Par Virginie Clabiorne & Priscilla Modlamootoo, co-fondatrices de Notes de Copines
Publié sur notesdecopines.com
Il est 2h du matin. Tu ne dors pas. Tu tournes en rond sur les mêmes questions, sans trouver de réponse qui tienne. Tu gères tout, mais tu es à bout. Tu sais que quelque chose doit changer, mais tu ne sais pas quoi, ni comment. Et personne autour de toi ne semble vraiment voir ce que tu portes.
Si cette scène te ressemble, tu n'es pas seule. Et tu n'es pas en train de craquer.
Tu traverses probablement ce qu'on appelle une transition de vie. Et ce qui suit a été écrit pour toi.
Qu'est-ce qu'une transition de vie ?
Une transition de vie est une période de changement majeur qui vient bousculer les repères habituels, l'identité et la direction que l'on donne à sa vie.
Elle peut être choisie, maternité, reconversion, déménagement, ou subie, séparation, deuil, licenciement, maladie. Même les transitions désirées peuvent créer une désorientation profonde. Ce n'est pas un signe de faiblesse, c'est la nature même du changement.
Une transition n'est pas toujours spectaculaire. Ce n'est pas forcément un divorce retentissant ou un licenciement brutal. Parfois, c'est beaucoup plus silencieux. C'est l'impression persistante que quelque chose a changé, sans qu'on puisse encore le nommer. C'est le sentiment de ne plus se reconnaître dans ses choix. De tout assurer de l'extérieur, tout en sachant que quelque chose en soi s'est déconnecté.
Pourquoi nous avons écrit cet article
Pendant des années, Priscilla et moi avons traversé, séparément mais en parallèle, ce qu'on appelle aujourd'hui des transitions de vie majeures. Séparations, deuils, maternités, fausses couches, reconversions, ruptures professionnelles.
À chaque fois, on s'appelait. Pas pour résoudre. Pas pour conseiller. Pour nommer. Et à chaque fois, quelque chose se débloquait.
Ces mêmes conversations, on les a ensuite eues avec des dizaines d'autres femmes autour de nous. Toujours le même schéma. Des femmes capables, fonctionnelles, lucides. Qui tenaient encore debout, mais qui à l'intérieur avaient perdu le fil d'elles-mêmes. Et qui n'avaient nulle part où poser ce qu'elles portaient.
Ce qu'on a compris à force d'observer, c'est que ces femmes ne manquent ni de courage, ni de lucidité. Elles manquent de repères.
C'est ce constat, répété, vérifié, observé sur près d'une décennie, qui nous a fait créer Notes de Copines. Pas un projet d'amies. Un cadre d'accompagnement construit à partir de plus de 35 ans d'expérience professionnelle combinée, en stratégie, en accompagnement humain et en ressources humaines, et de nos propres parcours de transition.
Cet article est la version écrite d'une de nos Conversations entre copines. Priscilla y parle comme elle parle toujours, sans fioritures, sans héroïsme, avec cette lucidité tranquille qui est devenue, au fil du temps, son outil le plus précis pour accompagner les autres.
Comment savoir si tu traverses une transition de vie
Tu te demandes peut-être si ce que tu vis est une simple fatigue passagère, ou quelque chose de plus profond. Voici les signes qui reviennent le plus souvent chez les femmes qu'on observe autour de nous.
•Tu ne te reconnais plus dans tes choix, ni dans tes réactions.
•Tu gères tout de l'extérieur, et tu te sens déconnectée de toi-même à l'intérieur.
•Tu as l'impression de passer à côté de ta propre vie.
•Tu sais ce que tu ne veux plus, mais tu ne sais pas ce que tu veux.
•Tu réfléchis beaucoup mais tu reviens toujours au même point de départ.
•Avant, tu étais plus sûre de toi. Maintenant, tu ne te fais plus confiance comme avant.
•Tu n'as pas le droit de te plaindre, ta vie est objectivement bien. Et pourtant, quelque chose ne va plus.
Tu peux être parfaitement fonctionnelle de l'extérieur et traverser une transition majeure de l'intérieur.
C'est même la situation la plus fréquente. Et c'est aussi la plus solitaire, parce que personne autour de toi ne voit ce qui se passe vraiment.
Que la transition soit choisie ou subie, elle obéit toujours à la même mécanique intérieure. Elle vient bousculer l'identité, pas seulement les habitudes. Elle crée une période d'entre-deux qui peut durer des mois, parfois des années. Elle fait naître des questions qu'on n'avait jamais eu à se poser avant, et révèle ce qu'on pensait savoir sur soi-même et qui ne tient plus. Surtout, elle touche à la confiance en soi et à la direction qu'on veut donner à sa vie.
« À chaque fois, j'ai fait ce qui me semblait juste pour moi, sur le moment. Même quand je ne voyais pas où ça allait me mener. Et je n'ai jamais regretté mes choix. Parce que ça m'a toujours amenée vers quelque chose de mieux. »
— Priscilla
C'est ça, la vérité sur les transitions. On ne les traverse jamais avec toutes les réponses. On les traverse avec ce qu'on est. Et c'est en les traversant qu'on se découvre.
« Je ne me suis jamais sentie courageuse »
On dit souvent à Priscilla qu'elle est courageuse. Elle n'aime pas ce mot.
« Pour moi, c'est plus une posture. Je suis restée moi-même. J'ai avancé. Je n'ai jamais attendu qu'on vienne me sauver. »
— Priscilla
Ce n'est pas de la fausse modestie. C'est quelque chose de plus précis : une façon de refuser de réduire son parcours à une qualité héroïque qu'elle n'a jamais ressentie de l'intérieur.
Priscilla a traversé beaucoup. Une enfance à naviguer auprès d'un père imprévisible. Un départ à 18 ans, seule, pour tracer sa propre route. Quatre enfants. Un divorce. Deux descentes d'organes. Un Covid long avec apnée sévère. Une reconversion professionnelle. Des deuils. Des recommencements.
Pas en ligne droite. Pas avec un plan. Mais toujours avec une boussole intérieure qu'elle a appris, au fil du temps, à reconnaître et à suivre.
Ce qui frappe dans son histoire, ce n'est pas l'accumulation des épreuves. C'est la posture qu'elle a choisie face à chacune d'elles. Et cette posture, elle peut s'apprendre.
La différence entre subir une transition et la traverser
Priscilla a une façon de formuler les choses qui ne ressemble à aucune autre.
« Moins tu réclames, plus tu reçois. Pas par magie. Mais parce que tu es dans l'action. Attendre qu'un sauveur arrive, ça ne m'a jamais parlé. Quand tu prends des décisions alignées avec toi-même, la vie répond. »
— Priscilla
Ce n'est pas du positivisme naïf. Ce n'est pas pense positif et tout ira bien. C'est plus concret que ça : la différence entre attendre que ça se règle tout seul, et décider de faire un pas, même un seul, depuis l'endroit où tu es.
Il y a quelques années, après sa séparation, Priscilla a réalisé que rester dans la douleur de ce qui s'était passé lui coûtait de l'espace. De l'espace pour elle-même, pour ses enfants, pour sa reconversion.
« Si tu restes dans la plainte, tu nourris la situation. Rester en mode victime, c'est subir. Moi, je ne voulais plus subir. »
— Priscilla
Mais elle n'a pas nié la douleur pour autant.
« J'ai pleuré. J'ai eu mal. Mais les émotions sont passagères. Ce qui reste, c'est mon identité. Et peu importe la situation, mon identité, elle, reste. »
— Priscilla
La différence n'est pas entre souffrir et ne pas souffrir. Elle est entre laisser la souffrance définir qui tu es, ou la traverser en sachant que tu resteras toi.
Ce que les émotions viennent vraiment te dire
Beaucoup de femmes qu'on observe autour de nous ont appris, au fil du temps, à mettre leurs émotions de côté. À tenir. À assurer. À continuer. C'est souvent une stratégie de survie parfaitement logique, dans des contextes où s'arrêter n'est pas possible.
Et puis un jour, quelque chose ne va plus. Pas parce qu'elles sont fragiles. Parce qu'elles ont tenu trop longtemps sans s'écouter.
Priscilla a une façon de voir les émotions qui change la lecture de ce qu'on traverse.
« Les émotions sont pour moi des messages, des signaux. Elles me guident dans mes choix. Elles me montrent ce qui me fait mal, et ce qui me ferait du bien. »
— Priscilla
Les émotions ne sont pas des obstacles à surmonter. Elles sont des informations. Et apprendre à les écouter vraiment, sans les dramatiser ni les censurer, c'est souvent le premier pas concret vers la clarté.
Ce que l'émotion te dit, ce n'est pas « tu vas mal ». C'est « quelque chose d'important est là. Et il mérite ton attention ».
Écouter ses émotions ne veut pas dire s'y noyer. Ça veut dire les traiter comme ce qu'elles sont : des boussoles. Des informations sur ce qui est juste ou faux pour toi, dans le moment présent.
Ce n'est pas ce qui t'arrive qui te définit
Il y a une histoire que Priscilla raconte souvent. Le jour de son bac, l'oral d'allemand. Deux ans sans pratiquer. Aucun texte préparé.
« Je me présente quand même. Je parle dix minutes. L'examinatrice ne comprend presque rien. Et pourtant, 12 sur 20. Elle a vu mon audace. Ma posture. Ma détermination. Je n'étais pas au niveau attendu, mais j'y suis allée. Et parfois, ça suffit à ouvrir une porte. »
— Priscilla
Cette anecdote dit quelque chose d'essentiel sur la façon dont Priscilla appréhende la vie. Pas avec la certitude d'être prête. Pas avec toutes les compétences requises. Mais avec une présence à elle-même qui, souvent, change le résultat.
Et c'est exactement ce qu'elle dit à la fin de notre conversation.
« Tu n'es pas impuissante. Même quand tout bascule. Même quand tu doutes. Ce n'est pas ce qui t'arrive qui te définit. C'est la posture que tu choisis. »
Cette phrase, elle ne la dit pas comme une injonction. Elle la dit comme une conviction, construite au fil de dizaines d'épreuves.
Elle ne dit pas que c'est facile. Elle ne dit pas que ça va aller vite. Elle dit que tu as, en toi, quelque chose qui reste stable, même quand tout le reste vacille.
« Ce que tu te répètes intérieurement devient ton identité. Tu es actrice de ta vie. »
— Priscilla
C'est peut-être la chose la plus difficile à entendre quand on est en plein milieu d'une transition : qu'on est actrice. Pas parce que tout dépend de soi. Mais parce que la posture qu'on choisit, même dans l'incertitude, a une influence réelle sur la suite.
Écouter Priscilla raconter elle-même
Cet article est tiré d'une de nos Conversations entre copines, une série dans laquelle Priscilla et moi parlons sans filtre de ce qu'on a traversé. Si tu préfères entendre Priscilla raconter elle-même ce qu'elle a appris, la vidéo complète est disponible ici.
Sur YouTube, tu retrouveras aussi bientôt nos autres conversations sur les transitions de vie. [S'abonner à la chaîne →]
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire
Si tu es encore là, c'est probablement parce que quelque chose dans ce qu'on vient de partager a fait écho. Peut-être une phrase précise. Peut-être l'ensemble. Peut-être juste la sensation d'avoir enfin lu quelqu'un qui parle de ce que tu vis sans le minimiser ni le dramatiser.
Une chose simple avant de te proposer la suite.
Notes de Copines n'est pas né de la conviction qu'on avait toutes les réponses. C'est né de la conviction que nommer ce qu'on traverse, avec les bons mots, dans un espace qui respecte la complexité de ce qu'on vit, change vraiment quelque chose.
On accompagne les femmes qui tiennent encore debout, mais qui, à l'intérieur, ont perdu le fil d'elles-mêmes. Des femmes capables, lucides, fonctionnelles. Et pourtant perdues de l'intérieur.
Si tu veux continuer cette conversation, voici trois portes. Tu choisis celle qui te ressemble, là où tu en es aujourd'hui.
COMMENCE PAR LÀ
Le Reset Clarté, notre guide gratuit
Six étapes simples pour retrouver de la clarté quand tout semble flou. Pas besoin d'avoir un plan. Juste 30 minutes et l'envie de poser ce que tu portes. C'est l'endroit où la plupart des femmes commencent.
POUR EN PARLER
Un appel découverte de 30 minutes
Un échange humain, sans engagement, pour mettre des mots sur ce que tu traverses et voir si notre accompagnement peut t'aider. Pas un appel de vente, une vraie conversation.
POUR DÉBLOQUER UNE SITUATION
La Séance Déblocage
Une session individuelle de 90 minutes pour identifier ce qui te bloque vraiment et repartir avec ton prochain pas clair. Pour les femmes qui savent déjà qu'elles veulent avancer maintenant.
Tu n'es pas obligée de choisir tout de suite. Le bon premier pas, c'est souvent celui qui demande le moins d'engagement.
Questions fréquentes sur les transitions de vie
Les questions que les femmes nous posent le plus souvent. Si la tienne n'y est pas, écris-nous, on la rajoutera.
Qu'est-ce qu'une transition de vie ?
Une transition de vie est une période de changement majeur qui vient bousculer les repères habituels, l'identité et la direction que l'on donne à sa vie. Elle peut être choisie, maternité, reconversion, déménagement, ou subie, séparation, deuil, licenciement, maladie. Même les transitions désirées peuvent créer une désorientation profonde. Ce n'est pas un signe de faiblesse, c'est la nature même du changement.
Comment savoir si je traverse une transition de vie ?
Les signes les plus fréquents : sentiment de ne plus se reconnaître dans tes choix, impression de gérer l'extérieur tout en te sentant déconnectée à l'intérieur, difficulté à prendre des décisions, sensation de tourner en rond malgré tes efforts, perte de confiance dans ta propre voix intérieure. On peut être parfaitement fonctionnelle de l'extérieur et traverser une transition majeure de l'intérieur. C'est même la situation la plus fréquente.
Comment avancer quand on ne sait pas encore ce qu'on veut ?
Le premier pas n'est pas de savoir ce que tu veux. C'est de nommer honnêtement ce que tu ressens maintenant. La clarté ne précède pas l'action, elle en est souvent le résultat. Commencer par un seul pas réversible, dans une direction qui semble juste, suffit souvent à débloquer quelque chose.
Pourquoi je n'arrive pas à avancer alors que je vois très bien ce qui ne va pas ?
Voir le problème et savoir comment le résoudre sont deux choses différentes. Beaucoup de femmes restent bloquées entre la compréhension et le mouvement parce qu'elles attendent d'être certaines avant d'agir, ou parce qu'elles ne savent pas quel premier pas est juste pour elles. C'est exactement ce que vise un accompagnement structuré : non pas te donner des réponses, mais t'aider à identifier ton prochain pas, dans ton contexte réel.
Quelle est la différence entre un accompagnement et une thérapie pour traverser une transition ?
La thérapie explore généralement le passé pour comprendre le présent. L'accompagnement que nous proposons s'adresse à ce qui se joue maintenant : reprendre clarté, confiance et direction dans le contexte réel d'une transition de vie. Les deux approches peuvent se compléter. Notes de Copines ne remplace pas un suivi médical, thérapeutique ou d'urgence.
À propos des autrices
Priscilla Modlamootoo
Co-fondatrice de Notes de Copines ancienne HR Partner, où elle accompagnait les collaborateurs dans des situations complexes liées à la santé, le handicap, la fragilité et le maintien dans l'emploi. Depuis plus de 20 ans, elle accompagne des femmes en difficulté, des parents fragilisés et des personnes en transition. Elle a traversé le deuil, la séparation, la maternité, la maladie et la transition, et en a fait la matière vivante d'un accompagnement humain et concret depuis la France.
Virginie Clabiorne
Co-fondatrice de Notes de Copines et brand strategist. Franco-portugaise, elle a construit une carrière internationale dans le luxe (dont 12 ans chez LVMH) a travaillé sur des systèmes complexes, à rendre les choses lisibles, à construire des cadres là où il y avait du chaos, avant de co-créer l'espace qu'elle aurait voulu avoir lors de ses propres transitions. Elle pilote la stratégie, la structure et le développement de la marque depuis Miami, en Floride.
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Tu n'es pas cassée. Tu es en transition.
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